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    Stéphane Segers vous donne de ses news. Deux casques sont venus enrichir sa collection et de petits détails ont été apportés à ses motos.
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    Jean-Michel fait une petite interview dans le moto Verte Hors Série mais il y a aussi un retour sur sa carrière dans le dernier GP Racing
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    Une nouvelle tenue pour la collection de Damien Vuillermet...

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    Romain Dété nous donne des nouvelles de son magnifique projet CR réplica 1991....
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Clecar la société du Languedoc pour votre clé de voiture.

Christophe Charlot....
Notre ami Christophe Charlot vient de créer sa petite entreprise nommée Clecar, serrurerie automobile à domicile en Languedoc.Si vous avez besoin, n'hésitez pas à le contacter :


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Interview Jean-Michel Bayle et Patrick Demaria : 1985

PAPIER A SENSATION par X.Audouard

Primo, ils sont français. Pas fréquent pour des jeunes qui vont (très) vite. Deuxio, leurs destins sont étrangement liés depuis la toute première course et, qui sait, peut-être un jour jusqu'au top. Tercio, ils se détestent cordialement. Enfin de la bonne matière à scandale.

Regardons les choses en face, et si possible avec une vision « mondiale » derrière Bruno, c'était le gouffre. Puis Vimond est arrivé. Mais der-rière Vimond, c'est le gouffre. D'excellents pilotes inters, oui. Des « pointures » de GP, des champions du monde en puis-sance, non. Rien de passionnant n'est sorti des championnats « of-ficiels », junior ou senior, depuis des lustres. Une génération de perdue. Mais les mini-verts commencent à payer. Il y a eu Gay, que vous connaissez à pré-sent (MR n° 2 676), mais il y a surtout aujourd'hui (et demain), Jean-Michel Bayle et Patrick De Maria, deux « pur-produits » des 80 cm3, deux futur-stars en puis-sance, croyez-nous en !

On ne pouvait les choisir plus différents. Jean-Mi-chel Bayle est aussi petit (quoiqu'il grandisse de jour en jour en ce moment), menu et emprunt de charme juvénile que Patrick De Maria est grand, costaud et déjà viril. L'un - Bayle - est officiel Kawa, l'autre - De Maria. - officiel Yamaha (comme quoi, dans ce pays, lorsque quelqu'un émerge vraiment, cela se sait très vite). Bayle consacre déjà tout au motocross, De Maria conti-nue d'étudier. Sur la moto, Bayle est « améri-cain » à fond fin, souple, il pilote « à l'impul-sion », hyper-léger, son style est extraordinaire de pureté et n'est pas sans rappeler celui du J.-J. Bruno de la grande époque. De Maria, lui, est bien plus « physique » il évite moins l'obstacle, do-mine plus la moto (« à la Carlqvist »), roule « gaz », ce qui ne signifie pas « au-dessus de ses pompes ». Jusqu'à présent, ces deux formes évi-dentes de talent ont donné une remarquable éga-lité de résultats. Car les deux kids ne sont pas des inconnus l'un pour l'autre. Que ce soit dans leur ligue ou en « mini-verts », leurs routes n'ont cessé de se croiser, ce qui n'a pas d'ailleurs été sans heurts. Pour la phase finale du junior 1985 (ils ne sont pas dans la même zone qualificative) se profile un grand choc Bayle-De Maria. Mais en attendant ce choc, Moto-Revue l'a organisé pour vous. Sur terrain neutre, l'un ne voulant pas aller chez l'autre, et inversement. Ridicule ? Essayez donc de donner rendez-vous à Lechien chez Johnson, pour voir !
Moto Revue (voix très « Jacques Chancel »)

« Mais, au juste, comment tout cela a-t-il commencé ?

Patrick Demaria :

A l'âge de cinq ans, j'avais une petite mob, avec laquelle je roulais dans la campa-gne. Mon père a toujours été intéressé par le cross, il a d'ailleurs roulé lui-même. En 1980, on a été voir une course où il y avait des 80 cm'. Il a vu que ça me bottait, et pour Noël il m'a acheté un 80 YZ. Lorsqu'on a appris qu'il y avait une course quelques mois plus tard à Charleval, on y a été. J'étais très énervé, je suis tombé une bonne dizaine de fois, j'ai dû faire 15-... mais ça m'a plu, je me suis un peu entraîné et pour la deuxième course à Orgon, j'ai tenu trois tours en tête de-vant le champion de l'époque, Pignatel, avant de me prendre un arbre ! Mais la troisième épreuve, à Vaison-la-Romaine, celle-là, je l'ai gagnée. J'ai alors fait la fin du championnat de Provence, où je termine second derrière ... Bayle. En 82, j'ai refait le championnat de Provence, Jean-Michel gagne encore devant moi. Lui faisait déjà le « mini-vert », mais moi, je n'en ai entendu parler qu'à la mi-saison. Je fais quand même 6e. En 83, je gagne le championnat de Provence - Bayle n'était pas dans ma catégorie - et je gagne le « mini-vert » devant - devinez qui ? - Bayle, bien sûr ! 84 a été une année de transition car j'avais 16 ans en cours de saison. J'ai gagné les six premières manches du championnat de Pro-vence Cadet, puis j'ai passé mon permis et pris en cours le championnat de ligue de Provence 125, ainsi que le championnat de France junior. En ligue, j'ai remporté toutes les courses et en junior j'ai bien roulé, gagnant notamment une manche à la finale, devant Gay. Pour 85, j'ai roulé à Beaucaire dans le cross inter où il y avait Carla, Jobé, Chandler, etc. Aux chronos, avec ma 125, je fais le 1 5e temps. En course, je casse alors que j'étais 12e en première manche, je tombe sur Jobé qui venait de rater le double dans la deuxième, et dans la troisième, je pars huit, puis je sors de la piste pour éviter un gars qui n'avait pas sauté - toujours au double ! - je me relève et finis 1 7e. Malgré tout cela, ça m'a plu, c'est super de rouler avec de tels pilotes, tu vois les noms sur leurs fesses, t'y crois à peine ! J'ai beaucoup appris ce jour-là.

Jusqu'à présent, tout cela a été « sponsoré par papa »

Demaria :

Seulement jusqu'en 83, où le magasin Corréard Motos (d'Arles) nous a prêté trois Yamaya une pour moi, une de rechange, et une pour mon frère Yves, qui a trois ans de moins que moi et qui roule comme un avion, avec un style d'ailleurs beaucoup plus proche de celui de Jean-Michel Bayle que du mien ! En 84, j'ai acheté une 125, j'en ai eu une de prêtée (ainsi qu'un 80 pour le début de saison) et pour 85 les motos viennent de Sonauto. M. Corréard a parlé pour moi au salon avec M. Olivier. Heureusement, car moi-même j'aurais jamais osé...

M.R. : Allez, Jean-Michel, à toi...

Jean-Michel Bayle :

Moi, au début, j'avais une TY 50, comme mon frère Christian, qui a deux ans de plus que moi, et avec mes parents on allait se balader le dimanche. Dans le même temps, mon père avait fait la connaissance du cascadeur Alain Prieur, car il transportait en camion les trem-plins d'Alain. On allait voir ses sauts, ça nous plai-sait, on sautait nous-mêmes un peu. Mon TY de-venait vieux, et mon anniversaire approchait, on parlait de la changer. Chez le concessionnaire Yamaha de Manosque, il y avait une TY 80 d'occase, mon père a été l'essayer, il a failli se retour-ner ! Mais ma mère l'a convaincu en lui disant que j'étais un calme - pas comme mon frère Christian - et que ça irait. En fait, quelque temps après, je me casse le genou en voulant montrer à mes pa-rents un nouveau tremplin. Pendant que j'étais à l'hôpital, Christian a roulé avec l'YZ, ça lui plaisait aussi. Alors, pour dédommager mon père des transports qu'il lui faisait gratuitement, Alain Prieur a acheté une YZ pour mon père, et on a commencé à s'entraîner presque « cross ». Puis, Alain nous a parlé de la fameuse course à Charleval, et on y est allés. On était paumés, on n'avait jamais vu de cross, on était en jeans, casques in-tégraux... Christian fait 7e et moi 14e. La fois sui-vante, à Orgon, ça allait déjà mieux : Christian 3e et moi 5a. Et enfin, la troisième fois, au plateau d'Albion, pour le championnat de Provence, on gagne chacun notre catégorie (j'avais changé mon modèle 79 pour un modèle 81). Ensuite, je gagne le championnat de Provence devant Patrick De Maria. En 82, on entend parler du « Mini-Verts », et on part pour la première épreuve à Reims. Dans le camion, je me disais « si tu fais dans les cinq, ce sera déjà bien », et en fait, j'ai gagné les trois manches. Après, j'ai couru huit courses sur dix du « Mini-Verts », et gagné 24 manches sur 24. Pa-rallèlement, je gagne le championnat de Provence devant Patrick. En fin d'année, au cours d'un essai avec Moto Verte, je découvre le 80 Kawasaki, et il me plaît tout de suite. On en trouve un en Belgique et je fais le « Mini-Verts » 83 avec (2e derrière Patrick) ainsi que le championnat de Pro-vence (que je gagne). Fin 83, Kawasaki me contacte pour venir faire les essais presse à Vitrolles, et m'offre de m'aider pour 84. Bien sûr, j'étais d'accord, et je gagne le « Mini-Verts », où mon principal adversaire était... Yves De Maria. J'ai également essayé de faire un maximum de courses avec mon 80 contre des 125, pour m'aguerrir en vue de cette année. A Gimont, par exemple, je gagne les deux manches d'un plateau national 125-250-500. A Labarthe, je fais 5e des deux manches d'un plateau où il y avait mon frère, Biquet, etc. A Garos, je gagne les deux manches contre les 250-500.

M. R. : Tu as aussi tâté de la Coupe Kawasaki ?

Bayle :

Oui, j'ai fait deux épreuves, mais après avoir gagné à St-Sévère, les gars ont commencé à râler, alors j'ai arrêté. Puis, dès que le « Mini-Verts » a été terminé, j'ai sauté sur ma 125. J'avais attendu car ça m'était très difficile de pas-ser de l'une à l'autre. Maintenant, j'ai la KX 85 bien en main, ça devrait aller.


M.R. : Quelle aide recevez-vous exactement, et comment vous organisez-vous ?

Bayle :

Kawasaki Motors France me fournit quatre motos : une d'entraînement, une en pièces et deux de course. L'équipement est fourni par Sinicalo directement. Quand il y a eu des problèmes d'importation en France pour cette marque, mon père leur a télexé en Finlande. Ils avaient entendu parler de moi car j'avais gagné cette énorme course de 80 cm' en Belgique, rassemblant les jeunes de toute l'Europe, alors ils m'ont pris. A part cela, casque Araï (JMP) et lunettes Gecel. C'est mon père qui m'accompagnera aux courses, mon frère ayant un mécano pour lui. On a chacun notre camion (Mercedes).

Demaria :

Sonauto m'a prêté une 125 d'entraîne-ment pour l'hiver, là je vais la rendre et en « tou-cher » trois neuves pour le championnat. Answer m'a contacté après Beaucaire pour l'équipement, de même qu'Oakley-Europe. Corréard-Motos me fournit un mécano, et mon père m'accompagnera aux courses dans mon camion, un Mercedes bien équipé. Je ne me plains pas !

M.R. : Que faites-vous pour justifier un tel inves-tissement de la part de ces sponsors - je parle d'entraînement - ?

Demaria :

J'ai fait pas mal de musculation cet hiver, plus de la moto bien sûr, et du footing : trois fois 10 km chaque semaine. Mais, cet hiver, j'ai eu quelques problèmes de tension - elle était tombée à 7 - et maintenant je me limite au seul footing.

Bayle :

Moi je ne fais pas de musculation car je suis encore en pleine croissance, et ce serait mau-vais. Je m'entraîne presqu'exclusivement sur la moto, je fais beaucoup de supercross sur un ter-rain qu'on a aménagé chez moi, parfois aussi un peu de footing, du tennis, mais surtout de la moto.

M.R. : Avez-vous conscience des efforts faits par vos parents pour vous aider à courir, et cela modi-fie-t-il ou a-t-il modifié un jour votre façon de courir ?

Bayle :

Bien sûr, j'ai conscience que sans mes pa-rents rien ne serait arrivé, et que, même mainte-nant, j'ai toujours besoin d'eux, ne serait-ce que pour conduire le camion !(rire) Le soutien moral est bien sûr encore plus important, et de savoir qu'ils sont là en cas de pépin aide à rouler la cons-cience tranquille. Evidemment, je sais qu'il est im-portant que je roule bien pour leur faire plaisir, mais si ça ne marche pas un jour, je sais que ça marchera une autre fois, et j'en fais pas une mala-die.

Demaria :

Je me sens bien sûr redevable vis-à-vis de mes parents ; mon père, je sais qu'il travaille quasiment pour nous, mon frère et moi. Mais je cours pour moi, étant entendu que j'essaie au maximum de gagner, sachant que ça lui fait plai-sir. Cela dit, je fais maintenant les choses comme je les ressent, depuis qu'un jour je me suis fait mal en prenant un départ que je ne voulais pas pren-dre, chez Bruno, dans le sable... Tout le monde me disait :« Vas-y, fais le... » Moi, je ne le sen-tais pas, et ça n'a pas raté, je suis tombé. Récem-ment, on me poussait aussi à faire l'enduro de Sète, l'idée ne me plaisait pas, je l'ai pas fait. Bayle : Moi, mon père me connaît à fond et, si j'ai un doute, je lui fais entière confiance. Un jour, il y avait un grand double saut à Clermont-Ferrand, aux essais je pensais que ça passait, mais je me tâtais. Le soir, on en a parlé, il m'a dit « ça passe », et le lendemain matin, dès le premier tour, je l'ai sauté sans me poser de question !

M.R. : Et si tu l'avais raté, t'en aurais voulu à ton père !

Bayle :

Pas du tout. Moi-même, j'avais décidé de le passer. Il m'a juste donné confiance, et ça m'a aidé.

M.R. : Vous avez des types de circuit favoris ?

Bayle :

J'aime bien tout : le sable car je vais régu-lièrement m'entraîner en Belgique, la boue, la terre... J'aime bien quand c'est technique, mais si c'est rapide, tant pis. J'adore les circuits type « supercross », les doubles sauts, tout ça...

Demaria :

Moi, j'aime les circuits rapides, même s'ils sont un peu caillouteux, ceux qu'on rencontre dans ma région, en fait. Mon circuit préféré, c'est Beaucaire... Je suis pas trop à l'aise en supercross, même si j'en ai gagné dans mon coin.

M.R. : Circuits détestés ?

Demaria :

Cavalaire, Lambès - on roule carré-ment sur les rochers !

Bayle :

Même chose. Heureusement on n'y va plus trop. Vitrolles, aussi.

M.R. : Vous avez des idoles dans le cross ?

Demaria :

Jacky Vimond, il est super sympa, et bien sûr il roule fort. Un jour, dans le sable, il m'a carrément impressionné. Sinon, j'admire le style de Carla. II passe toujours « gaz », même dans les trous, jamais fatigué...

Bayle :

Moi aussi, j'aime bien Jacky et Jean-Jac-ques, mais mes idoles, ce sont les Américains, et notamment Bailey. J'ai bien regardé la vidéo de Bercy : il est fantastique, propre, précis, rien n'est laissé au hasard dans son pilotage, et il va très vite. J'aime.

Demaria :

J'étais pas à Bercy mais j'ai bien sûr regardé la télé, et celui qui me plaît le plus, c'est Johnson. Pour moi c'est le plus vite de tous.

Bayle :

C'est sûr qu'au point de vue spectacle il est fort, mais au point du vue pilotage, pour moi le n° 1, c'est Bailey. Ricky est un peu désordonné...

M.R. : Que pensez-vous du cross actuellement en France ? Si vous pouviez changer quelque chose ?

Demaria :

Il faut que la Fédé s'occupe de faire courir les jeunes. Nous, s'il n'y avait pas eu le « Mini-Verts », on commencerait à peine à courir. Déjà, de toute façon, on a un an de retard - au moins - sur des garçons comme Strijbos ou Van de Berk, qui attaquaient les GP à l'âge où, nous, on sera au junior...

M.R. : Mais quel est selon vous le meilleur âge pour commencer ?

Demaria :

Huit ans.

Bayle :

Ça me parait un peu tôt. Je dirais plutôt onze-douze ans.

Demaria :

Ça dépend bien sûr de la morphologie de chacun. II ne faut pas commencer trop tôt et démolir sa croissance. Le cross, c'est tout de même violent pour les os.

M.R. : Derrière vous, chez les plus jeunes, vous avez l'impression que « ça suit », ou vous êtes des exceptions ?

Demaria :

Certainement pas ! Derrière, ce sera à mon avis meilleur. J'ai vu récemment la première épreuve de Provence, à Sète : il y avait des jeunes en 50 cm' qui m'ont super impressionné. Ils avaient la technique, le pilotage... et puis ne se-rait-ce que mon frère, il a treize ans, et même sur une 125 il va quasiment aussi vite que moi. Je pense qu'il sera meilleur que moi !

Bayle :

C'est sûr qu'au « Mini-Verts », j'ai vu plein de gars prometteurs. Attendons un peu tout de même, car il faut déjà passer du 50 au 80 cm', puis encore à la 125, tout le monde ne réussit pas à le faire. Les têtes de file, pour moi, c'est Yves De Maria, Noizier, Esquivat...

M.R. : Les deux derniers que tu cites feront le ju-nior avec vous. Est-ce que le rival n° 1 de Bayle, ça reste de toute façon De Maria, et inversement ?

Demaria :

Non. Il peut très bien arriver un autre jeune, qu'on connaît pas du tout, et qui gagne toutes les manches !

Bayle :

Ça dépend aussi de l'entraînement qu'ils ont fait cet hiver, certains peuvent avoir « ex-plosé » en passant en 12 5...

M.R. : Regrettez-vous de ne pas avoir connu le championnat cadet « officiel », FFM, qui débute cette année ?

Bayle :

Oui, c'est dommage pour nous, car ce championnat permettra aux jeunes de rouler d'en-trée sur des grands circuits.. En revanche, c'est toujours difficile pour un 80 de rouler dans des trous faits par les grosses motos, mais c'est bien, ça apprend...

M.R. : Comment expliquez-vous le fait que les principaux jeunes qui marchent viennent de votre région ?

Demaria :

C'est vrai, en 83 par exemple, au « Mini-Verts », des Italjet aux plus de 13 ans, tous les champions étaient de Provence ! Ça vient sans doute du fait qu'on était un des principaux championnats régionaux, parallèlement au « Mini-Verts », et que donc on courait davantage que les autres.

Bayle :

La Provence, c'était très relevé, il y avait même des gars qui venaient de Suisse pour courir avec nous !

M.R. : On entend souvent parler de l'ambiance dé-plorable qui règne dans ces épreuves pour jeunes, notamment à cause des parents. Qui sont les plus fautifs, les parents ou les enfants ?

Bayle :

Un peu les deux... au « 'Mini-Verts », le problème c'est qu'on est à un âge où il faut qu'il y ait les parents ; ils doivent s'occuper un petit peu de tout, mais c'est normal, et personnellement j'ai plus confiance dans mes parents que dans toute autre forme d'organisation...

Demaria :

C'est vrai mais la situation est la même pour le junior - les parents accompagnent le pi-lote - et pourtant j'y ai trouvé une ambiance in-comparable avec celle du « Mini-Verts », bien meilleure en fait. Avec des gars comme Porro, Gay, Marchais, on se mettait dans le parc, on al-lait voir la piste, on repérait les passages, tout cela ensemble. L'ambiance était super, sans ar-rière-pensée. Bon, à part ça, en piste, ça roule dur au junior. A la première épreuve j'étais très im-pressionné : sans même être tombé, j'avais tout de tordu sur la moto, tellement ça avait « frotté » au départ !

Bayle :

Au « Mini-Verts », ce qui a beaucoup fichu la pagaille, c'étaient les départs à l'élastique. Il y avait toujours des contestations...

M.R. : La rivalité entre vous deux, c'est pas un peu comme ça qu'elle est née ?

Bayle :

En fait, on s'est retrouvés l'un contre l'au-tre dès 81 en championnat de Provence, il y avait forcément un peu rivalité. Et puis, ça s'est enve-nimé, surtout au « Mini-Verts », avec des histoi-res de départs...

M.R. (à Demaria) : t'as volé des départs ?

Demaria :

Moi, non ! En fait, je crois que c'est parti de Mazan, en 83, un jour où l'on a fait re-faire un départ, alors que j'avais déjà parcouru deux tours en tête. Les parents s'en sont mêlé... Entre Bayle et moi, c'était déjà pas le grand amour en 82, mais là je crois que ça a tout cassé.

M.R. : Là, le junior arrive, avec des motos qui commencent quand même à aller drôlement vite. Vous n'envisagez pas que ça continue sur la piste, tout de même !

Demaria :

non, j'espère qu'on va pas se battre, mais faudra rester tranquille, que ça se passe entre nous, que les parents ne s'en mêlent pas. Faudra être sérieux, maintenant il y a des gens im-portants impliqués là-dedans, les importateurs, tout ça... Et puis, suite à cette interview, je pense qu'on va recommencer à se dire bonjour, ça a dé-crispé un peu !

M.R. : Tu diras bonjour à Patrick ?

Bayle :

Oui ! Disons qu'on ne sera certainement pas grands copains pour autant. Je ne me vois pas faire le tour de la piste avec lui, ni lui montrer les passages ! Mais c'est tout de même

mieux qu'on se parle...

Demaria :

De toute façon, tout ça c'est stimu-lant ; il faut se concentrer sur ce que ça a de posi-tif, pas sur le négatif...

M.R. : Vous vous êtes déjà fait des crasses en course

Demaria :

moi, non.

Bayle :

non plus. Il y a bien eu une fois à Valence où je suis tombé sans comprendre pourquoi, alors qu'on était côte à côte dans un virage. On m'a dit que Patrick m'avait donné un coup de pied, ça m'a troublé, mais je ne pourrais l'affirmer... (gêné).

M.R. (à Demaria) : Tu lui as donné un coup de pied ?

Demaria :

J'ai jamais donné de coup de pied à personne.

M.R. : Pensez-vous qu'il soit important de détes-ter ses adversaires pour pouvoir les battre ?

Bayle :

Oui, ou du moins de ne pas trop fraterni-ser.

Demaria :

C'est sûr que ça motive. Regarde, l'an dernier, Sonauto a pris Kervella pour survolter un peu Jacky : ça a marché...

M.R. : Que pensez-vous des déclarations comme celles qu'a pu faire Hannah « Si tu me touches, je te touche ; si tu me retouches, je te tue »?

Bayle :

Ça me fait marrer.

M.R. : C'est une conception de la course que vous pourriez avoir ?

Demaria (rire) :

Je ne pense pas quand même que je tuerai Jean-Michel Bayle !

Bayle :

Non, bien sûr, mais c'est important d'avoir un but, celui de battre l'autre. Quand Patrick me battait en championnat de Provence, je m'entrainais comme un fou toute la semaine en pensant que je le battrais le week-end suivant...

M.R. : S'il n'y avait pas eu Patrick De Maria, tu en serais là où tu en est aujourd'hui ?

Bayle : Non.

M. R. : Et toi ?

Demaria :

Sans doute pas. A tous les stades de notre carrière, on s'est retrouvés l'un en face de l'autre. Ça ne peut qu'être profitable. J'ai peur par exemple que mon frère, qui est trop jeune pour faire le cadet cette année, ne puisse progresser autant qu'il l'a fait l'an dernier en courant contre Jean-Michel.

M.R. : Parlons un peu de vous. Vous considérez-vous comme des privilégiés ?

De Maria :

C'est sûr. Rien que le fait de manquer l'école pour les courses...

Bayle : Moi, j'ai tellement manqué à une époque que ça faisait des problèmes, c'est pour cela que je suis des cours par correspondance maintenant. Pas très assidûment d'ailleurs.

M.R. : Le cross, ce sera votre métier ?

Bayle :

C'est le but. Je vais tout faire pour m'ap-pliquer, et m'accrocher pour réussir.

Demaria :

Je me donne deux ans pour y arriver. Si ça ne marche pas, j'arrête. Ça revient trop cher pour persister si l'on ne roule pas. De toute façon je passe aussi mon BEP de mécanique. Comme ça au moins j'aurais un métier.

M.R. : Vous pensez qu'on peut faire beaucoup d'argent dans le cross ?

De Maria :

Je ne crois pas. Les Américains peut-être, mais pas les Européens.

M.R. : Et si tu bats les Américains ?

Demaria (rire) :

Ça m'étonnerait quand même !

M. R. : Et toi ?

Bayle :

Je n'y pense pas trop encore... En se dé-brouillant bien on doit pouvoir en vivre. Malherbe ne donne pas l'impression de mal vivre...

M.R. : Malherbe, c'est déjà le haut niveau ! Vous n'envisagez pas de vous contenter d'un niveau inter français ?

Bayle/Demaria (ensemble, très déterminés) :

Oh non alors ! II faut au moins un bon niveau Grand Prix.

M.R. : Et quand comptez-vous démarrer en GP ?

Demaria :

Si ça marche cette année, dès l'année prochaine.

Bayle :

Le plus tôt possible.

M.R. : Belle ambition ! Vous êtes prêts à tous les sacrifices pour cela ? Les copains, les sorties, tout ça ?

Bayle/De Maria (ensemble) :

Quand on veut faire bien les choses, on met toutes les chances de son côté. Il faut faire ça sérieux, ou ne pas le faire.

Demaria :

J'ai quand même des copains, bien sûr, avec lesquels je vais au cinéma par exemple, mais le mercredi après-midi. Pas de sorties le soir.

M.R. : D'autres sports, d'autres activités, pôles d'intérêt ?

Bayle :

Tennis, marche à pied... pas de sport col-lectif : chaque fois que tu fais une chose de bien, il y a un gars pour gâcher ton travail, j'aime pas ! Sinon, je m'amuse beaucoup avec mon ordina-teur.

De Maria :

J'ai joué au hand, au rugby, au foot... mais ça m'a pas trop plu. J'adore les rallyes auto. Je suis un fan d'Ari Vatanen.

M.R. : Musique ?

Demaria :

Tout ce qui passe et qui est à la mode... En ce moment, AI Corley.

Bayle :

Ouais, les tubes, le dernier pour moi c'était « Ghost Busters ». J'attend le suivant.

M.R. : Emissions de télé ?

Demaria :

« Auto-Moto »!(rire). Sinon, les imita-teurs, Michel Leeb, etc.

Bayle :

« Cocoricoco boy », « Le jeu de la vé-rité »...

M.R. :Emissions politiques ?

Demaria :

Pas du tout.

Bayle :

Si, j'adore. L'autre jour, débat entre Gaudin et Defferre, avec leur accent de Marseille, j'étais écroulé de rire. Sinon, j'aime bien le minis-tre Jean-Michel Baylet, mon presqu'homonyme, qui est aussi le directeur de la « Dépêche du Midi ».,Je sais pas comment il se débrouille, mais chaque fois que je vais dans son coin, il offre une coupe dans ma catégorie, et je la gagne ! C'est la coupe de Jean-Michel Baylet pour Jean-Michel Bayle...

M.R. : Vous lisez la presse moto ?

Bayle/De Maria (ensemble) :

Tout.

M.R. : Elle vous parait bonne ? Qu'est-ce que vous aimeriez voir en plus ou en moins ?

De Maria :

J'aime les infos.

Bayle :

Moi, c'est la technique et les interviews. Je trouve la presse globalement bonne.

M.R. : Voyons un peu votre professionnalisme ; quel est votre journal préféré ?

De Maria :

« Moto Revue ». Je suis pilote « Moto Revue ».

Bayle :

« Moto Verte »: je suis pilote « Moto Verte » !

M.R. : Qui va gagner le championnat Junior 85 ?

De Maria :

Patrick De Maria.

Bayle :

Jean-Michel Bayle. »

Ça fait plaisir de rencontrer des garçons qui savent ce qu'ils veulent. Et qui, en plus, font preuve d'un goût certain.

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